
Quand les fjords rencontrent les Alpes : exposer Orcas à Chamonix
Au cœur de Chamonix, sous le regard du Mont-Blanc, mes images d’orques ont trouvé une nouvelle résonance. Présenter Orcas dans un lieu dominé par le minéral et la verticalité créait un contraste saisissant. Comme si deux mondes éloignés — les fjords norvégiens et les sommets alpins — se répondaient soudain.
Un écrin alpin pour des géants marins
L’exposition prenait place dans l’un de ces lieux emblématiques où la nature impose sa présence. La montagne encadrait tout : la lumière changeante, les ombres massives, l’air vif qui traverse la vallée.
Voir les orques s’inscrire dans ce décor, avec leurs silhouettes fuselées, leurs trajectoires dans l’eau sombre et leurs jeux de lumière sous-marine, avait quelque chose de profondément juste.
La force brute des Alpes répondait à celle des fjords. La beauté froide des glaciers faisait écho aux eaux glaciales où évoluent ces géants noirs et blancs.

Un pont entre deux mondes
Très vite, ce qui m’a frappé, c’est à quel point les problématiques qui touchent les orques ressemblent à celles qui concernent les Alpes.
Les fjords et les montagnes racontent la même histoire :
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des écosystèmes fragilisés,
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des espèces qui s’ajustent,
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des territoires en mutation rapide,
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un climat qui modifie silencieusement les équilibres.
Le pont entre Chamonix et la Norvège n’est donc pas géographique :
il est écologique, symbolique, émotionnel.
Le paradoxe du tourisme
Dans ces deux univers, un même paradoxe se rejoue : l’afflux de visiteurs.
En Norvège comme à Chamonix, la beauté attire — et c’est une chance, car la sensibilisation passe par l’émerveillement. Mais cette attraction peut facilement devenir intrusion.
Je fais moi-même partie de ce paradoxe. Je photographie, je raconte, je partage, parce que je crois profondément qu’on protège ce que l’on connaît.
Et pourtant, je dois réfléchir sans cesse à ma présence, à mes choix, à la manière dont j’approche les animaux ou les milieux sensibles.
Le festival offrait justement un espace pour aborder ce sujet :
le tourisme n’est ni « bon » ni « mauvais » en soi.
Il doit simplement être repensé, guidé, encadré.
Pour les orques, pour les glaciers, pour les générations qui viennent.
Un dialogue visuel et engagé
Ce qui m’a touché, c’est que les visiteurs ne voyaient pas seulement des photos d’orques. Ils percevaient le dialogue entre les images et le lieu.
Les silhouettes sombres de la famille d’orques répondaient aux silhouettes acérées des aiguilles alpines.
Deux milieux extrêmes, deux mondes en transformation, deux visages d’une même urgence climatique.
Merci !
Je tiens à remercier chaleureusement toute l’équipe du Festival Photo de Chamonix pour son accueil, son professionnalisme et son enthousiasme.
Exposer Orcas dans un cadre aussi exceptionnel n’aurait pas été possible sans votre énergie, votre disponibilité et votre passion pour l’image et la nature.
Merci d’avoir permis cette rencontre entre fjords et montagnes, et d’avoir offert un espace où ce dialogue pouvait toucher le public.

















